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le fennec mordant La crise ordurière

La crise des ordures ménagères due à la fermeture de la décharge communale sise à Taharacht par les habitants du village Biziou depuis la deuxième quinzaine du mois d’Aout écoulé, pour cause des désagréments dont ils se plaignent ; est symptomatique du drame du sous-développement dont pâtit Akbou. Cette crise a le mérite de faire remonter à la surface la Akbou-orduresproblématique du foncier puisqu’on n’arrive pas à dénicher un terrain d’assiette pour réaliser une déchetterie ou un centre de recyclage conforme aux normes. D’ailleurs à chaque fois qu’on parle de projets, les pouvoirs publics invoquent l’écueil foncier. A les entendre, on se croirait à la fin de l’histoire et il nous reste plus qu’à attendre la venue du rédempteur. Cependant, il convient de noter, dans ce contexte, que la problématique du foncier en ce qui concerne Akbou, en tous les cas, est créée par anticipation de toutes pièces. En effet pour peu que les pouvoirs publics fassent preuve d’un peu de volonté, la collectivité est en mesure de disposer des centaines de terres situées sur l’axe ZAK-Helouane qui ne sont que le continuum d’Akbou. Il s’agit de terres qui ont appartenu à l’Etat depuis l’indépendance jusqu’à 1998, date à laquelle elles ont fait l’objet d’une restitution controversée au profit des héritiers Benalychérif. Nonobstant ses tenants et aboutissants, cette restitution appelle tout de même quelques questions. Etant donné que les terres précitées constituent le prolongement naturel et l’espace vital d’Akbou, pourquoi n’en a-t-on pas songé aux besoins impérieux en foncier urbanisable et industriel de la collectivité ? Pourquoi l’Etat garant de l’intérêt général et de la stabilité de la société n’a pas recouru à l’expropriation ou, du moins, user de son droit de préemption d’autant plus qu’il a toutes les raisons du monde pour le faire ? Pourquoi a-t-on permis à un nabab d’accaparer ou d’acquérir, c’est selon, la plus grande partie de ces terrains, frustrant ainsi la collectivité de son droit au développement et privant du foncier industriel les investisseurs dynamiques et ingénieux, créateurs d’emplois et de richesses. Outre la gestion chaotique du foncier, véritable boite de pandore, cette crise ordurière a mis en relief l’attitude apathique des responsables qui ne semblent pas trop pressés à trouver une solution aux détritus qui constituent le décor quotidien de la ville avec tous les dangers pour l’hygiène et la salubrité publics. L’absence de l’Etat est si  évidente qu’on se dirait que la société, évoluant à rebours, est retournée à l’état de nature. Du fait de cette situation surréaliste, des citoyens à la mentalité négative, dénuée du sens de l’Etat, se permettent toutes les audaces. Le concept, produit du génie Algérien, relatif à la gestion démocratique et rationnelle des conflits, qui est d’ailleurs contre-productif et qui est susceptible d’être interprété comme une faiblesse et d’ouvrir une brèche à tous les démons d’un passé révolu. Or selon les sociologues, «  En l’absence de règles stables et intériorisées, l’individu est désorienté et démoralisé ». donc on est loin de l’idéal de Bakounine : «Quand les Etats auront disparu, l’unité vivante, féconde, bienfaisante, tant de régions que de nations et de l’internationalité de tous les peuples de la terre, par la voie de la libre fédération et de l’organisation, de bas en haut se développera. »

Mokrane Takorabet